Des Conflits au Changement de Route

Une voie monumentale avec ses limites

oldkb-11En 1904 , le Transsibérien devenait la plus grande voie de communication réalisée par l’homme, elle permettait d’unifier l’ensemble des provinces de l’Empire russe et d’assurer le déplacement des hommes et des marchandises entre l’Europe et l’Asie. Malgré tout, certains obstacle se dressaient encore sur sa route dont le plus grand : le lac Baïkal. Au départ construite à l’image de la voie des grands lacs du nord du Michigan aux États-Unis, la route du Transsibérien ne contournait pas la plus grande réserve d’eau douce de la planète. Les passagers et les marchandises devaient descendre du train afin d’emprunter un ferry, dont un brise-glace ouvrait le passage en hiver, afin de reprendre la voie ferrée à la pointe sud de cette mer intérieure et de reprendre leur route vers l’ouest. Dans d’autres contrées, le problème était lui plus d’ordre territorial ; la Russie dans son engagement militaire lors de la « révolte des boxers » en 1900, installa de nombreuses troupes militaires sur le territoire chinois et profita de l’occasion pour contrôler et fortifier sa position sur la libre circulation des marchandises dans le pacifique et l’Asie. D’où l’origine de la guerre en 1904 avec le Japon qui refusait de voir la Russie s’imposer en tant que leader et qui lui-même convoitait cette position stratégique. Défaite en 1905, en partie à cause du Transsibérien et de ses imperfections, le gouvernement russe lança une campagne de réforme du tracé et des voies.

Durant cette guerre, le transport des troupes par la voie de l’Est était devenu un atout mais rapidement, le réseau fut saturé. Ne comportant qu’une seule voie, le Transsibérien ne put subvenir aux besoins militaires et matériels requis afin de remporter la victoire sur les japonais, même après avoir stopper le trafic civil et commercial de la ligne. Par ailleurs, la traversée du lac Baïkal ralentit considérablement l’arrivée des renforts et du ravitaillement, surtout en période hivernale, entraînant la perte de la section traversant la Mandchourie. Mais bien avant de céder cette zone négociée par l’ancien ministre Serge Witt à la Chine, le projet initial de faire passer le chemin de fer par les terres russes en longeant une partie du fleuve Amour et des frontières mongoliennes et chinoises, avait repris. En 1906, le chemin de fer circulait uniquement en Russie, et en 1907 le gouvernement lança un programme de doublage de la voie qui s’acheva en 1925, ralenti à cause de la première Guerre Mondiale. Les travaux autours du lac Baïkal prirent fin en 1916 afin de le contourner par la chaîne des Saïans. Rallongée de plus de 2000 km, la route du Transsibérien devint la plus grande voie au monde avec ses 9288.2 km, vitrine de la réussite industrielle russe comme lors de leninel’Exposition Universelle de Paris en 1900. Source du développement des provinces qu’ils traversent, les trains circulant de Moscou à Vladivostok rivalisèrent de modernisme, de luxe et de raffinement afin d'attirer les plus grand notables du monde moderne et de puissance pour transporter les cargaisons de plus en plus importantes. Le contrôle des régions et des différentes population y demeurant fut longue et difficile avec régulièrement de multiples rébellions et conflits internes qui demandèrent l’intervention de l’armée afin de sécuriser l’ensemble de la nation.

En octobre 1917, la guerre civile éclata en Russie, grâce à la collaboration des cheminots, qui bloquèrent les renforts militaires sur la voie transsibérienne, les bolcheviks menés par Lénine, réussirent à renverser le pouvoir provisoire en place depuis les manifestations de rues du mois de février de cette même année. Les ennemis des révolutionnaires rouges bloqués sur les terres russes commencèrent à organiser une contre-attaque rejointe par les trotsky_reviewCosaques dans la région de l’Amour et par les alliés du tsar qui à la fin de la guerre de 14-18 débarquèrent à Vladivostok formant ainsi l’armée blanche. La bataille le long du Transsibérien faisait rage, il fallut trois ans à l’armée révolutionnaire bolchevique dirigée par Trotsky pour reprendre le pouvoir  la capitulation des forces tsarines à Vladivostok en 1922 marqua la fin de la guerre. L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques était crée.