A la Conquête du Far-Est

Un chantier pharaonique reliant la grande Russie

old-82Le Transsibérien se construisit simultanément à l’est et à l’ouest du pays, mais dès les premiers mois, sa construction se heurta aux difficultés climatiques du territoire russe. Une grande partie de la voie devait traverser des zones inhabitées ou très faiblement peuplées, des forêts denses et de grands marécages, des fleuves immenses et puissants, des lacs profonds et des terres gelées tout au long de l’année et le plus souvent très accidentées. La section du lac Baïkal fut une des plus dure à achever car, il fallut construire plusieurs tunnels et infrastructures de protection, briser d’énormes rochers afin de permettre l’ouverture d’une voie sécurisée. Très vite, les administrations se rendirent compte que le budget initial allait être dépassé et durent commencer une campagne de réduction des coûts. La partie occidentale du projet étant plus à même de répondre à cette exigence, dut diminuer la hauteur des remblais, raccourcir les traverses, diminuer le nombres de gares et augmenter la distance entre chacune d’elle (environ 60 km, ce qui était le double de l’époque). De plus les moyens modernes d’infrastructures furent conservés pour l’érection de ponts au dessus des principaux fleuves, ceux concernant les cours les plus faibles seraient érigés en bois.old-16

Tout au long de sa réalisation, jusqu’à 90.000 personnes ont œuvrés à l’aide de pelles et de pioches, dans des conditions de travail extrêmes. Ces travailleurs issues de toutes horizons : bagnards, ouvriers de l’est et de l’ouest, soldats, savants et ingénieurs, peuple autochtone, mongoles, chinois, … Tous travaillant plus de 15h par jour, avec des moyens rudimentaires, en sous alimentation et avec presque rien sur le dos, réussirent à progresser à plus de 620 km par an soit 1.5 fois la vitesse du Transocéanique en Amérique et sur un terrain bien plus inhospitalier Le Transsibérien s’est vraiment construit de sueur et de sang, l’on déplore des milliers de morts durant ces douze années de labeur qui permirent l’ouverture de 7500 km de voie reliant la Sibérie à la Russie Occidentale en 1904 après avoir déplacé plus de 100 millions de mètres cubes de terres et de gravas, construit plus de 12 millions de logements de fortunes pour les travailleurs, posé plus d’1 million de tonnes de rails, réalisé près de 100 km de ponts, de tunnels et de galeries de protection…

urlLa Russie brillait de la concrétisation de cette œuvre magistrale, le pays tout entier était unifié autour de cette nouvelle voie de communication, la Sibérie était en plein essor démographique et économique, les activités commerciales grandissaient. Cependant, de nouveaux problèmes apparurent et limitèrent les possibilités du rêve russe ; révoltes et guerres donnèrent un nouveau rôle et un nouveau tracé au Transsibérien.